POURQUOI VOUS N’AVEZ PLUS ENVIE DE RIEN ...

Le rôle de la dopamine dans le burn-out 

 

“Je sais ce que je devrais faire… mais je suis incapable de me décider à le faire.” C’est une phrase qui revient souvent en consultation post-burn-out. Non parce que la personne ne comprend pas, ni  qu’elle manque de volonté, mais parce qu’au fond, quelque chose en elle de fondamental s’est éteint :  l’élan, l’envie, le mouvement intérieur.

Derrière cette situation, se trouve souvent le déséquilibre d’un autre messager essentiel  du cerveau : la dopamine.

La dopamine, c’est ce qui vous met en mouvement de l’intérieur. C’est elle qui vous donne envie, vous permet de vous projeter et rend les choses attirantes, possibles, engageantes.

Lorsqu’elle circule bien, vous n’avez pas besoin de vous forcer : vous trouvez en vous un élan simple et naturel, même pour les plus petites choses du quotidien.

 

Dans le processus du burn-out, cet élan disparaît progressivement. Au début, pourtant, vous continuez, vous avancez, vous cochez les cases, vous tenez. Mais souvent, vous le faites “sans y être vraiment”, sans plaisir, ni réelle  satisfaction - juste parce qu’il le faut.

Et petit à petit, la dopamine s’épuise. Pourquoi ? Parce que ce neurotransmetteur est très sensible à plusieurs facteurs présents dans le burn-out : le stress chronique, la surcharge mentale, le manque de récupération, la pression constante …

Le cerveau finit donc non seulement par produire moins de dopamine, mais aussi par répondre de moins en moins bien à celle qui y circule encore.

Alors, ce qui vous faisait envie auparavant en vient à ne plus vous toucher de la même manière. Les projets semblent lointains, les efforts disproportionnés et même les choses simples peuvent devenir difficiles à initier.

 

Sous la pression sociale (le bien connu "quand on veut, on peut" qui vous a fait tenir si longtemps), c’est souvent là que la culpabilité s’installe : “Je devrais me bouger”, “Je me laisse aller”, “Je n’ai plus de motivation” … Les variations sur ce thème auto-flagellateur semblent tristement infinies.

Mais en réalité, ce n’est pas un problème de motivation, mais bien une affaire d’énergie et de mise en mouvement.

 

Dans les burn-outs plus avancés, cette perte d’élan peut s’accompagner d’un autre phénomène. Par moments, un sursaut apparaît, une envie soudaine, une impulsion - comme si quelque chose revenait, enfin ! Sauf que… le soufflé d’espoir retombe tout aussi vite qu’il était apparu.

Ce va-et-vient peut être déroutant, mais il s’explique. La dopamine, comme la noradrénaline, peut devenir instable lorsque le système nerveux est épuisé. Le cerveau produit de grands efforts pour la relancer… mais ne parvient pas à les maintenir sur la durée.

 

Il est essentiel de comprendre, que la dopamine ne se “force” pas : on ne peut pas retrouver l’envie en se poussant davantage. Bien au contraire, plus on se force, plus on renforce le décalage entre ce que le corps peut faire et ce qu’on lui demande.

Retrouver une bonne production de dopamine, c’est d’abord accepter de ralentir, revenir à des choses simples, accessibles, réalistes. C’est redonner au cerveau des expériences qui recréent du plaisir sans pression : de petits mouvements, de petits élans, de petites réussites.

Petit à petit, le système se remet en route. Pas toujours comme avant, mais autrement, et généralement avec plus de justesse.

Si aujourd’hui vous avez l’impression de ne plus avoir envie de rien, ce n’est peut-être pas tant que vous avez perdu quelque chose, mais que votre système a besoin de temps pour retrouver sa capacité à désirer.

Et cela se reconstruit, doucement et progressivement, en apprenant une nouvelle indulgence à l'égard de soi-même.

 


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